Pour la seconde et dernière fois de la saison, Duprez ouvrait vendredi la jolie salle qu’il a fait construire dans son hôtel de la rue Turgot, et qu’il destine à son école spéciale de chant. C’était non seulement d’un concert, mais d’une représentation théâtrale qu’il s’agissait. On donnait Jélyolte ou un Passe-temps de duchesse, que le programme annonçait comme une opérette en un acte avec récits, et en effet nous avons entendu un petit opéra, chanté par Duprez, sa charmante fille, Roger, Mocker, artistes s’il en fut, M. Rauch et Mlle Mira, que le programme qualifiait d’élèves. Inutile de dire que Duprez est aussi l’auteur de la partition de cet ouvrage, fort gai de situations et de style, dans lequel on a beaucoup applaudi des morceaux d’une rare élégance et d’excellente intention, chantés avec un talent admirable. Roger s’est surtout distingué dans le rôle de Jélyotte, en venant au secours d’un perruquier qui lui a volé son nom, mais qui n’a pu lui prendre sa voix, et en achevant pour lui un air d’Armide, beaucoup au-dessus de ses moyens. Mlle Caroline Duprez, dans le rôle de la duchesse, brillait de toute sa grâce et de toute sa voix; Mlle Mira la suivait d’aussi près que possible dans celui de la soubrette, et il était fort plaisant de voir Duprez, l’illustre Arnold, le célèbre Raoul, le grand Eléazar, prenant l’encolure et le ton du financier des Prétendus, comme s’il n’eût fait autre chose de sa vie. A la fin de la pièce tous les artistes ont été rappelés.