Revue des théâtres

Grand-Théâtre

Concert Pasdeloup.

Les trois derniers concerts ont peut-être été les plus brillants. M. Pasdeloup qui en avait composé le programme avec infiniment de goût en a dirigé l’exécution avec cette maestria et ce talent qui lui ont fait une renommée universelle. La moitié d’une de ces belles soirées a été consacrée à l’exécution des œuvres de M. Benjamin Godard. Le jeune compositeur, nous l’avons déjà dit, doit avoir beaucoup étudié et possède un talent réel ; nous avons cru reconnaître en lui un disciple de Wagner, chef de la nouvelle école. Son Ouverture dramatique a produit beaucoup d’effet, mais elle nous semble bien chargée, nous aimons bien mieux sa Kermesse, bien réussie d’un bout à l’autre et surtout sa Canzonetta qui est d’une gaîté et d’une légèreté délicieuses. Nous avons entendu avec plaisir, aux deux derniers concerts, l’ouverture de Ruy-Blas de Mendelssohn, Souvenir de Lisbonne de Saint-Saëns, un Largo de Haendel pour hautbois admirablement rendu par M. Gillet, l’ouverture de Freischütz de Weber, la Symphonie fantastique de Berlioz et enfin le Désert, ode symphonie de Félicien David. L’orchestre a rendu à merveille tout ce que la partition du maître contient de majestueux, d’original et de poétique ; nous n’en dirons pas autant des chœurs qui paraissaient souvent bien faibles. M. Lubert a chanté avec beaucoup de goût cette délicieuse inspiration intitulée l’Hymne à la nuit, il a été moins heureux dans le Chant du muezzin. — M. Beckers a dit avec conviction le poème médiocre qui accompagne les diverses parties de ce chef-d’œuvre.

Ce soir, première représentation de Le Tour du monde en 80 jours.

Aristée.