Havre

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Les journaux de Rouen, rendant compte du concert de M. Pasdeloup, disent que la salle du Cirque était remplie par la réunion la plus brillante que l’on eût jamais vue rassemblée dans une fête musicale. Les dames en toilette y étaient en majorité. Parmi les notabilités qui assistaient à cette fête, on remarquait M. le général Renaud, M. le préfet et M. le maire de Rouen. À son arrivée au pupitre, M. Pasdeloup a été chaudement accueilli. Puis, à son signal, l’orchestre a attaqué, non point la symphonie en ut mineur, mais l’ouverture de la Dame blanche. C’était un hommage des plus délicats rendu à l’illustre maître et à la cité qui est fière de lui. L’exécution a été parfaite et suivie de plusieurs salves d’applaudissements.

M. Sivori s’est fait entendre ensuite. Exquise manière de chanter, justesse parfaite, sûreté extraordinaire, exécution éblouissante, style magistral, entraînant, sont les qualités à l’aide desquelles il subjugue et électrise son auditoire. Il a joué admirablement la première partie du concerto de Paganini qui lui a valu un premier rappel, et dans le morceau de la Clochette il obtenu un succès d’enthousiasme qui s’est manifesté par de triples salves de bravos et par un rappel. C’est le cas de dire avec vérité qu’il a fait fanatisme. M. Sivori a eu les honneurs de ce concert, le plus beau, le plus magnifique que l’on ait entendu à Rouen.

Aujourd’hui, à huit heures, aura lieu un deuxième et dernier concert dont le programme n’est pas moins intéressant que me premier.