Chronique musicale.

Concerts Pasdeloup.

Tout se prépare au cirque Sainte-Marie, et tout promet aux souscripteurs de M. Pasdeloup une hospitalité digne du mobile artistique qui les attire et de l’empressement qu’ils mettent à se rendre à l’appel qui leur est si solennellement fait par Haydn, Mozart, Beethoven, Weber et Mendelssohn. Quant à M. Pasdeloup, le créateur et l’organisateur de tous ces enchantements, rien n’égale son talent, si ce n’est son activité. Il se multiplie, il est partout, à Paris, à Rouen. Il réunit son orchestre à Paris ; et ce n’est pas une affaire facile que d’enlever ses musiciens d’élite à la capitale, qui en a besoin sans cesse pour faire retentir, tous les soirs, ses mille voix orchestrales. Que de démarches, que de soins, que de précautions, pour rassembler 70 musiciens de la trempe de ceux que sait si bien choisir M. Pasdeloup, pour combiner leur départ de Paris et leur arrivée à Rouen en temps utile ! Tout cela se fait avec un ordre, une précision et une promptitude incroyables. Et lorsque vous croyez M. Pasdeloup encore à Paris, pour diriger toutes ces opérations, il est déjà à Rouen, où il ordonne et surveille l’appropriation de la salle du cirque, qu’il fait disposer commodément comme celle du Cirque-Napoléon pour les concerts populaires. Il y ajoute une décoration élégante et un brillant éclairage. Il pense à tout, et, quant à un accès facile à toutes les places, qui, d’ailleurs, sont numérotées, rien n’a été négligé pour que tout se passe dans le plus grand ordre. Et ce n’est pas là une précaution de luxe, car, à la manière dont les billets sont enlevés, il est permis de croire qu’il y aura foule au cirque Sainte-Marie, demain soir et dimanche matin. Les programmes sont magnifiques, et quel que soit le nombre des éminents virtuoses qui leur donnent un attrait tout à fait inusité, toutes les promesses seront tenues : Sivori, Leroy, Mohr, et le célèbre orchestre des concerts populaires de Paris sous l’habile et chaleureuse direction de M. Pasdeloup.

Amédée Méreaux.