ROUEN.

Chaque jour, depuis la rédemption du 18 brumaire, est signalé par un pas de plus vers l’ancienne urbanité. D’un bout de la France à l’autre les cœurs s’étendent, les esprits s’accordent pour offrir des tableaux où se reproduit le caractère français avec tous ses charmes. Jadis la ville de Rouen rendait un hommage au grand Corneille, le jour de sa fête, le 27 juin (vieux style). Cette année, cet usage a reparu. Le théâtre des Arts a été illuminé, et la société d’artistes qui l’occupe, a joué le Menteur, et donné la première représentation d’une pièce intitulée Pierre et Thomas Corneille, production pleine de grace [sic], et où l’on retrouve des [p. 3] détails vrais et touchans sur la vie privée du grand homme. À la suite de cette pièce le buste de Corneille a été apporté sur le théâtre et y a été couronné de lauriers. La municipalité en costume et des membres des autres autorités constituées qui assistaient au spectacle, ont salué le buste du grand Corneille, rappelant ainsi l’hommage que le public rendait au père des Horaces et de Cinna, lorsqu’il paraissait chargé de gloire et d’années à la comédie française. Quel est donc ce peuple qui, en présence de grands exploits peut encore rappeler de grands souvenirs, célébrer tour-à-tour l’auteur du Cid et le vainqueur de la Maringo, et unir le présent au passé pour commencer une ère de gloire et de puissance ?