Ce dossier rassemble les programmes des concerts organisés par l’Union des femmes artistes musiciennes entre 1911 et 1939.

Historical context

Fondée en 1910 par Lucy Tassart (1863-1946), l’Union des femmes artistes musiciennes (UFAM) se propose de venir en aide aux musiciennes nécessiteuses par le biais de divers dispositifs de soutien : caisse de secours, allocations de loyer, allocations pour vacances à la campagne, assistance légale et médicale, projet de création d’un foyer pour les artistes âgées... Initialement pensée sur le modèle du mécénat, qui se révèle vite insuffisant pour couvrir les dépenses consacrées à soutenir ses adhérentes, l’Union décide de s’engager dans l’organisation de concerts. C’est dans ce cadre que sont créés l’Orchestre et les Chœurs de l’Union des femmes artistes musiciennes, formations exclusivement composées d’adhérentes de l’Union, bien que parfois soutenues par des supplémentaires masculins.

En marge des grands concerts choro-symphoniques donnés presque exclusivement à la salle Gaveau, l’Union organise des séances plus discrètes, lors desquelles ses adhérentes se produisent en vue d’être repérées, dans différents hôtels, ou bien au Studio que loue l’Union à partir de 1914. Les concerts de l’UFAM ont tous lieu dans  l’Ouest parisien : cette concentration géographique correspond à la sphère d’influence de Lucy Tassart, par ailleurs chanteuse de salon, et à celle des membres du bureau de l’Union, lequel regroupe des personnalités mondaines et des chanteuses lyriques de renom, dont Marie Rôze et Julia Guiraudon.

Les concerts de l’UFAM sont marqués par un grand éclectisme, bien que les œuvres non-françaises soient rares : aux côtés des partitions du répertoire symphonique relativement communes aux sociétés de concert parisiennes, figurent de nombreuses partitions de compositeurs mondains, souvent amis de Lucy Tassart. Les quelques compositrices programmées semblent d’ailleurs relever de cette dernière catégorie.

Les interprètes qui participent à ces concerts sont également hétérogènes : si l’Orchestre et les Chœurs de l’Union sont des constantes, les solistes – quoique récurrents pour certains et certaines, comme Maryse Dietz, Rodolphe Plamondon, ou Henri Dangès – n’apparaissent pour l’essentiel qu’une seule fois. Souvent issu·es d’institutions lyriques prestigieuses (Opéra, Opéra-Comique, Scala de Milan, Comédie-Française), ces têtes d’affiche sont à même d’attirer un public dont les droits d’entrée alimentent la caisse de l’Union. Aux côtés des solistes renommé·es se produisent parfois des adhérentes de l’Union, et notamment les lauréates du concours de musique organisé par l’UFAM dans les années 1930. Bien que l’UFAM ne semble pas avoir de direction musicale instituée, Georges de Lausnay est le chef le plus fréquemment appelé à la tête de l’orchestre. On notera que l’UFAM ne place pas de femme au pupitre de direction – fait pourtant courant dans l’entre-deux-guerres.

Sources and protocol

Les fonds d’archives concernant l’Union des femmes artistes musiciennes sont répartis entre plusieurs institutions : les Archives nationales de France, la Bibliothèque Marguerite Durand et le Conservatoire de Paris. L’essentiel des informations concernant la programmation artistique de l’Union ne peut toutefois être reconstitué que par un dépouillement systématique de la presse parisienne entre 1911 et 1939. Les informations restituées dans ce dossier sont donc pour l’essentiel issues des titres suivants : Le Guide du concertLe Figaro, Le Journal, Excelsior, Le Radical, Comœdia, Le Ménestrel, Paris-soir, Le Gaulois, Le Temps, L’Humanité, L’Action française et Le Petit Parisien.

Select bibliography

Laura Hamer, Female Composers, Conductors, Performers. Musiciennes of Interwar France, 1919-1939, London, Routledge, 2018, 218 p.

Florence Launay, « Les musiciennes : de la pionnière adulée à la concurrente redoutée. Bref historique d’une longue professionnalisation », Travail, Genre et Sociétés, n° 19/1, 2008, p. 41-63.

Florence Launay, « L’éducation musicale des femmes au XIXe siècle en France. Entre art d’agrément, accès officiel à un enseignement supérieur et professionnalisation », in  Paul Pasteur, Marie-Françoise Lemmonier-Delpy, Martine Gest et al., Genre & Éducation : Former, se former, être formée au féminin, Presses universitaires du Rouen et du Havre, 2009, p. 203-210.

To cite this dossier

Apolline Gouzi and Arthur Macé (ed.), «L’Union des femmes artistes musiciennes (1911-1939)», Dezède [online]. dezede.org/dossiers/id/500/ (consult the March 4, 2024).