Ce répertoire rassemble les 262 programmes des concerts de l’orchestre de la Société des concerts du conservatoire de Toulouse entre le 29 novembre 1902 et le 22 mai 1944.

Historical context

Quelques mois après avoir été nommé directeur du conservatoire de Toulouse, Bernard Crocé-Spinelli (1871-1932) crée la Société des concerts du conservatoire. Elle donne sa première prestation le 29 novembre 1902 au théâtre du Capitole, l’une des plus importantes scènes lyriques françaises. La Société des concerts du conservatoire prend place dans un paysage symphonique toulousain caractérisé par une grande précarité depuis plus d’un quart de siècle. Auparavant, la Société des concerts de Toulouse avait vu le jour en 1860. Dès le 16 février 1862, soit moins de quatre mois après la naissance de son modèle parisien fondé par Jules Pasdeloup (1819-1887), elle inaugurait, sous la conduite de son chef d’orchestre M. Baudouin, ses concerts populaires de musique classique. Une soixantaine sont donnés jusqu’en 1877. Un an auparavant, Édouard Broustet (1836-1901) avait fondé la Société des grands concerts. Le devenir de ces deux formations reste incertain mais on peut affirmer qu’elles ont définitivement interrompu leurs activités au moment où Crocé-Spinelli fonde la nouvelle société en 1902.

Tout au long de son activité, la Société des concerts du conservatoire ne connaît que deux chefs d’orchestre : son fondateur, Bernard Crocé-Spinelli, est remplacé par Aymé Kunc (1877-1958) en 1919 — ce dernier avait déjà pris la succession du premier à la tête du Conservatoire en 1914 mais l’orchestre reste inactif pendant toute la Première Guerre mondiale. L’un et l’autre sont des compositeurs formés au conservatoire de Paris. Le premier en ressort second Grand Prix de Rome en 1897 et le second premier Grand Prix en 1902. La continuité qui marque le profil des chefs d’orchestre prévaut dans d’autres domaines, notamment le lieu. Seuls les vingt-sept concerts des saisons 1919-1920 et 1920-1921 (théâtre des Variétés) et 1921-1922 et 1922-1923 (Apollo-Théâtre) ne sont pas donnés au théâtre du Capitole. Sauf à de très rares exceptions, l’orchestre donne six concerts par saison jusqu’en 1921 puis huit jusqu’en 1944. Le jour de la semaine choisi pour organiser les concerts est en revanche très varié. Même si une analyse détaillée reste à faire, on peut relever quelques caractéristiques du répertoire de la société. Il est marqué par son ancrage national et le soutien aux compositeurs locaux. Cette orientation n’empêche pas pour autant une certaine ouverture internationale que traduisent les interprétations de deux œuvres de Gustav Mahler, la Symphonie n°5 le 8 février 1929 et la Symphonie n°4 le 23 mars 1934.

Avec la Libération, l’activité de la Société s’interrompt tandis que celui qui la dirige depuis vingt-cinq ans quitte ses fonctions. Différentes formations de la ville se regroupent pour constituer l’Association des concerts symphoniques que dirigent successivement Gaston Poulet (1892-1974) et Igor Markevitch (1912-1983). Après le départ de ce dernier, la vie symphonique toulousaine entre dans une nouvelle période de turbulence qui prend fin avec la nomination de Michel Plasson (1933-) à la direction de la musique du théâtre du Capitole en 1973.

Sources and protocol

Ce répertoire a été essentiellement réalisé à partir d’une source conservée aux archives municipales de Toulouse sous la cote 1 R 135 : « Société des concerts du conservatoire / 1903-1944 / Programmes des concerts » — la première date est erronée puisque les premiers programmes sont ceux de la saison 1902-1903 commencée le 29 novembre 1902. Les affichettes-programmes sont collées et réunies à raison d’une saison par page dans un cahier constitué de feuilles de papier à musique grand format de trente-six portées [voir exemple]. La superposition ou le découpage des affichettes-programmes a parfois rendu illisibles certains fragments du texte, le plus souvent la date du concert toujours mentionnée dans le haut. Le cas échéant, il a été fait appel à la presse locale pour recueillir les informations complémentaires (dates, éléments de programmes, noms de solistes). Les périodiques utilisés sont L’Express du Midi et Le Midi socialiste. Sur chacun des programmes conservés dans le recueil factice, un numéro a été écrit à l’aide d’un crayon de couleur bleue ou rouge, de « 1 » pour le concert du 29 novembre 1902 à « 257 » pour le concert du 31 mars 1943. Les six concerts de la saison 1943-1944 ne sont pas numérotés. Sur la page consacrée à cette saison figure la mention « 265 concerts ». Il s’agit d’autant plus d’un bilan que cette page est la dernière du répertoire. Le nombre des concerts (265) diffère néanmoins de quelques unités de celui des événements contenus dans le présent dossier (262). Par ailleurs, les programmes de salle (saisons 1902-1903, 1903-1904, 1933-1934 et 1936-1937) conservés dans le fonds de programmes de la Bibliothèque nationale de France (département de la musique) ont été mentionnés parmi les sources.

Select bibliography

Edmond Galabert, « Dix ans de musique à Toulouse. Une œuvre de décentralisation artistique », Revue des Pyrénées, tome XXIV (1912), p. 180-219.

Pierre Hernandez, Bernard Lescure et Marie-Louise Roubaud, Toulouse, terre de musique, préface de Michel Plasson, Toulouse, éditions Daniel Brian, 1993, 139 p.

Déodat de Séverac, « Toulouse et l’évolution musicale contemporaine » (1902), Écrits sur la musique, introduction, chronologie, notes et catalogue de l’œuvre par Pierre Guillot, Liège, Mardaga, 1993, p.57-61.

To cite this dossier

Yannick Simon (ed.), «Société des concerts du conservatoire de Toulouse (1902-1944)», Dezède [online]. dezede.org/dossiers/id/260/ (consult the Aug. 26, 2019).