« Ces journées ont pour ambition de présenter, à travers la diversité des œuvres des étudiants en composition, un vaste panorama de la création musicale en devenir, toutes origines et toutes esthétiques confondues. Elles comprennent également l’examen du prix de composition. Ces rencontres marquent la volonté du Conservatoire de Paris et de son partenaire, la SACEM, de favoriser par la présence de musiciens et de publics professionnels, l’insertion des étudiants au seuil de leur carrière de compositeur. »

Extrait du programme de salle des Journées internationales de la composition de 2001

Ce dossier rassemble les programmes des neuf éditions des Journées de la composition, festival du Conservatoire de Paris créé sous l’impulsion de Marc-Olivier Dupin en 1994, et devenu biennal en 1997. L’année 2011 marque la dernière édition du festival.

Les Journées de la composition font entendre dans un temps rapproché un grand nombre de créations d’étudiants-compositeurs – en fin de cursus (Prix de composition) ou en cours de scolarité. Divers ensembles instrumentaux sont mobilisés pour donner jusqu’à trois concerts par jour, à commencer par les formations étudiantes de l’école (l’Orchestre des élèves du Conservatoire, et le Nouvel Ensemble Instrumental du Conservatoire, précurseur de l’Orchestre des lauréats du Conservatoire). La présence d’ensembles instrumentaux professionnels spécialisés dans l’interprétation des répertoires contemporains (Court-CircuitL’itinéraireAlternanceCairn ou encore TM+) témoigne, dès la première édition du festival, de la volonté de l’école de faire se rencontrer étudiants et professionnels.

Chaque édition a fait l’objet d’une publication discographique le Centre de Recherche et des Éditions du Conservatoire (CREC).

Historical context

Les concerts ont lieu dans les trois salles publiques du Conservatoire, déménagé sur le site de La Villette en 1990. Festival inédit par sa forme, rendu possible grâce à ces nouveaux espaces équipés pour la musique mixte, son objectif premier est de donner à entendre les œuvres des étudiants des classes de composition du Conservatoire. Les Journées de la composition ont ainsi été l’occasion de jouer et enregistrer au total près de 200 œuvres de jeunes compositeurs entre 1994 et 2011.

Comme l’écrit Coralie Fayolle, chef du département des disciplines théoriques et de direction d’orchestre dans le Journal du Conservatoire en 2003, pour chaque édition, des consignes étaient données aux étudiants-compositeurs. Pour l’édition de 2003, les effectifs proposés aux étudiants variaient en fonction de leur année d’ancienneté dans le cursus. Les étudiants de première année devaient se limiter à six musiciens, tandis que ceux en dernière année avait l’occasion d’être joués par l’Orchestre des lauréats du Conservatoire, avec un maximum de trente-cinq musiciens, et aucune contrainte d’instrumentarium : 

« Le nombre de musiciens est limité mais aucun instrument n’est imposé : la nomenclature des concerts est ainsi très diversifiée et va pour cette année d’un trio pour contrebasse, piccolo et timbales à un “concerto” (sans violons) pour alto, et d’un dispositif d’orchestre particulier avec saxophone à une une pièce alliant voix, saxophones, accordéon, orchestre et électronique. En tout, plus de cent cinquante musiciens sont engagés au côté de cinq chefs d’orchestre réputés pour leur compétence dans le répertoire contemporain. »

Journal du Conservatoire no 53, octobre 2003, p. 4.

L’examen du Prix de composition

Les Journées de la composition incluent à chaque édition l’examen de fin d’études de composition : le Prix. Pour la période étudiée, cet examen se déroule en trois temps. Tout d’abord, le jury, constitué de cinq compositeurs, prend connaissance des différentes partitions présentées par les étudiants aux concerts de fin de cursus, puis assiste aux concerts de ces créations. Enfin, un oral d’une heure permet à chaque étudiant de présenter une selection personnelle des pièces composées tout au long de son cursus face au jury.

 

1997, 1999, 2001 et 2009

Quatre éditions se distinguent particulièrement. Les Journées de la composition de 1997 ont lieu dans les murs du Conservatoire mais auraient dû se dérouler à la Cité de la Musique. Les concerts furent annulés à cause d’une occupation de la salle par des intermittents du spectacle (Journal du Conservatoire, no 23, mars 1997, p. 4). L’édition de 1999 est dédiée à Gérard Grisey, professeur de composition au Conservatoire depuis 1986, décédé quelques mois auparavant. Chaque programme de concert, pour cette édition, comprend une œuvre du compositeur. Les Journées de la composition de 2001, première édition sous le directorat d’Alain Poirier, portent la marque d’une ouverture de ce festival sur l’international avec la participation du Guildhall new music ensemble ou encore de l’Orchestre des étudiants du Conservatorium van Amsterdam mais aussi de l’Atelier XX-21 du CNSMD de Lyon. Cette édition célèbre également l’anniversaire de Betsy Jolas, professeure d’analyse de 1975 à 1978 puis de composition au Conservatoire de 1978 à 1992. L’édition de 2009 est la seule à être organisée en partie en-dehors de La Villette : deux concerts se déroulent à la Maison de la Radio de Strasbourg, dans le cadre du Festival Musica.

Sources and protocol

Les données présentées dans ce dossier sont issues, d’une part, des programmes de salle et des programmes en ligne produits par le Conservatoire de Paris, et d’autre part, des archives de l’Orchestre des lauréats du Conservatoire, du Centre de Recherche et des Éditions du Conservatoire (CREC), du service audiovisuel et du département écriture, composition et direction d’orchestre du Conservatoire.

Select bibliography

Pierre Gervasoni, « Les compositeurs de demain en sortie publique au Conservatoire » Le Monde, 6 octobre 2003 :
https://www.lemonde.fr/archives/article/2003/10/06/les-compositeurs-de-demain-en-sortie-publique-au-conservatoire_336902_1819218.html

To cite this dossier

Yannaël Pasquier (ed.), «Les Journées de la composition (1994-2011)», Dezède [online]. dezede.org/dossiers/id/542/ (consult the Feb. 24, 2024).