Ce dossier réunit le plus grand nombre possible de programmes d’exécutions dans le monde entier du Bolero de Maurice Ravel, au concert comme au théâtre, depuis la création de l’œuvre au Théâtre National de l’Opéra de Paris (Palais Garnier), le 22 novembre 1928, jusqu’à la fin de la Deuxième Guerre Mondiale, le 8 mai 1945.

639 programmes inventoriés, dont 379 du vivant du compositeur -dont 32 sous sa direction- (du 22 novembre 1928 au 28 décembre 1937).

Méthodologiquement, les programmes sont toujours donnés avec toutes les autres œuvres éventuelles de Maurice Ravel qui y figurent.

Pour les œuvres d’autres compositeurs, présents ou absents de Dezède, leur ajout pourra être envisagé ultérieurement, la priorité de ce dossier restant Bolero et l’œuvre entier de Maurice Ravel, et ses interprètes. Toutefois, dans le cas des concerts où le concours comme chef (et/ou comme pianiste) ou la présence de Maurice Ravel comme simple spectateur sont avérés, les programmes sont renseignés de la manière la plus complète possible.

Autre choix méthodologique : pour les comptes rendus de spectacles vivants, qu’ils soient consultables en ligne sur des sites libres d’accès, comme par exemple Gallica (BnF), ou non, dans la mesure du possible, leur transcription est effectuée dans Dezède, au minimum pour ce qui concerne Bolero et Maurice Ravel en général.

Précision : partout dans le dossier, Bolero est orthographié à l’espagnole sans accent, conformément au souhait de Maurice Ravel, dans sa graphie du titre sous sa plume dans ses correspondances, et dans celle adoptée en couverture des premières éditions chez Durand.

Historical context

Le Bolero est sans conteste l’œuvre la plus célèbre, la plus populaire, la plus diffusée de Maurice Ravel. Initialement intitulée Fandango, cette pièce symphonique fut composée pour les besoins d’un ballet commandé par Ida Rubinstein, comme le rappelle le musicien :

« En 1928, sur la demande de Mme Rubinstein, j’ai composé un Bolero pour orchestre. C’est une danse d’un mouvement très modéré et constamment uniforme, tant par la mélodie que par l’harmonie et le rythme, ce dernier marqué sans cesse par le tambour. Le seul élément de diversité y est apporté par le crescendo orchestral » (Esquisse autobiographique dictée en octobre 1928 à Roland-Manuel).

Le musicien tenait à rappeler le caractère expérimental de son œuvre : « Je souhaite vivement qu’il n’y ait pas de malentendu au sujet de cette œuvre. Elle représente une expérience dans une direction très spéciale et limitée, et il ne faut pas penser qu’elle cherche à atteindre plus ou autre chose qu’elle n’atteint vraiment. Avant la première exécution, j’ai fait paraître un avertissement disant que j’avais écrit une pièce qui durait dix-sept minutes et consistant entièrement en « tissu orchestral sans musique » – en un long crescendo très progressif » (interview à son ami Michel-Dimitri Calvocoressi, The Daily Telegraph, 11 juillet 1931).

Il n’imaginait pas que cette œuvre atypique et surprenante, suscitant des avis très contrastés, gagne la faveur populaire : « le principe du Bolero existait dans mon esprit depuis de longues années. J’ai réellement voulu ce thème lancinant, obsédant, moitié arabe, moitié de mon cru, et qui aurait pu porter comme sous-titre : Enfoncez-vous bien ça dans la tête ! La première audition fut radiodiffusée. Quelle ne fut pas ma joyeuse surprise le lendemain, en passant devant un chantier, d’entendre trois compagnons siffler le Bolero ! (interview à Willy Goudeket, Le Rempart, 4 juin 1933).

Sources and protocol

Les sources utilisées pour l’élaboration du dossier sont multiples et variées :

 

Avant-programmes

Programmes de salle

Annonces dans la presse

Comptes rendus dans la presse

Correspondances

Références bibliographiques :

  • Biographies de musiciens, en particulier de chefs d’orchestre
  • Biographies de chorégraphes, de danseurs, de directeurs de ballets
  • Inventaires de concerts
  • Dictionnaires de musiciens
  • Dictionnaires des lauréats du Conservatoire National de Musique et de Danse de Paris
  • Histoires de la musique
  • Histoires d’orchestres
  • Histoires de théâtres
  • Histoires du ballet et/ou de la danse
  • Souvenirs de musiciens
  • Catalogues de ventes aux enchères ou de librairies spécialisées

Select bibliography

Erik BaeckAndré Cluytens. Itinéraire d’un chef d’orchestre, Wavre, Mardaga, 2009. (spécialement p. 338-342 de la partie « Liste des concerts et spectacles d’opéra dirigés par Cluytens »)

Catalogue des œuvres de Maurice Ravel, présentation par Roland-Manuel, Paris, Durand, 1931.

Myriam Chimènes (dir.), La vie musicale sous Vichy, Bruxelles, Éditions Complexe, 2001.

Manuel Cornejo, « Maurice Ravel en Belgique », Cahiers Maurice Ravel, n°13, 2010, p. 74-125.

Jacques DepaulisIda Rubinstein : une inconnue jadis célèbre, Paris, Honoré Champion, 1995.

Hélène Jourdan-Morhange, Ravel et nous. L’homme. L’ami. Le musicien, Genève, Éditions du Milieu du Monde, 1945, p. 162-169.

Hélène Jourdan-Morhange« Une œuvre de Ravel. La genèse du Bolero », Le Spectateur, 12 novembre 1946

Karine Le BailLa musique au pas. Être musicien sous l’Occupation, Paris, CNRS Éditions, 2016.

Marguerite LongAu piano avec Maurice Ravel, textes réunis et présentés par Pr Pierre Laumonier, Paris, Julliard, 1971 ; réédition : Paris, G. Billaudot, 1984..

Stravroula Marti, « Le Bolero », RIMF, n°24, novembre 1987, p. 89-97. [in Hélène Paul, « Présence de Ravel dans les concerts parisiens en 1930 d’après Le Ménestrel et Le Monde musical », RIMF, n°24, novembre 1987, p. 71-97]

Roger NicholsRavel: A Life, New Haven, Yale University Press, 2011.

Joaquín Nin, « Comment est né le Bolero de Ravel », La Revue musicale, n°187, décembre 1938, p. 211-213.

Maurice RavelL’intégrale : correspondance (1895-1937), écrits et entretiens, édition établie, présentée et annotée par Manuel Cornejo, Paris, Le Passeur Éditeur, 2018.

To cite this dossier

Manuel Cornejo (ed.), « Le Bolero de Ravel (1928-1945) », Dezède [en ligne]. dezede.org/dossiers/id/336/ (consulté le Oct. 1, 2020).