Ce dossier réunit les programmes des concerts de l’orchestre des Concerts du conservatoire de Nancy dirigés par Guy Ropartz entre septembre 1894 et mars 1914.

Contexte historique

Le 27 juin 1884, un orchestre municipal voit le jour à Nancy sous l’impulsion du directeur, Édouard Brunel, et des professeurs du conservatoire. La première saison des Concerts populaires est instaurée par Albert Carré, directeur du théâtre municipal de Nancy. En accord avec Brunel, l’orchestre est composé des musiciens du théâtre et des professeurs du conservatoire, soit une quarantaine de membres. Étant donné l’importance du déficit budgétaire, Carré décide d’arrêter la saison après seulement quatre concerts au lieu des douze initialiement prévus. Grâce au soutien du maire de Nancy, M. Volland, une nouvelle saison peut s’ouvrir le 24 décembre 1885 sous la direction de Brunel. Il est remplacé par Gustave Sandré pour les deux saisons suivantes (1886-1887 et 1887-1888), puis par Théodore Gluck entre 1888 et 1894. Guy Ropartz prend ses fonctions en septembre 1894. Il développe l’activité et la notoriété de l’orchestre de manière considérable jusqu’au déclenchement de la Première Guerre mondiale. La paix revenue, il tente de reconstituer les effectifs de l’orchestre mais rencontre de nombreuses difficultés qu’il ne pourra résoudre avant son départ pour Strasbourg en 1919. Alfred Bachelet lui succède à la direction du conservatoire et de l’orchestre nancéiens.

Sous la direction de Ropartz, l’orchestre des Concerts du conservatoire compte à son actif de nombreuses premières auditions françaises importantes, notamment celles de la Passion selon saint Jean ou de la cantate Actus tragicus de Bach, d’Istar de d’Indy, de plusieurs œuvres de Magnard ou encore de la Marche écossaise de Debussy.

En 1979, à bientôt cent ans, l’orchestre s’émancipe de la tutelle du conservatoire et devient l’Orchestre symphonique et lyrique de Nancy.

 

Né à Guingamp le 15 juin 1864, Guy Ropartz étudie le droit, pour suivre la volonté familiale, tout en poursuivant ses études musicales à Rennes puis dans la capitale. Il entre en 1885 dans les classes de Dubois et Massenet au Conservatoire de Paris et devient auditeur de la classe d’orgue de Franck l’année suivante. En septembre 1894, Ropartz obtient le poste de directeur du conservatoire de Nancy succédant ainsi à Théodore Gluck. Il y tient également les classes d’harmonie et fugue, de composition et d’ensemble instrumental. Ropartz maintient son activité de compositeur en parallèle à ses emplois de directeur, chef d’orchestre et pédagogue. En avril 1919,  il accepte de prendre la direction du conservatoire de Strasbourg — ville redevenue française — et de l’orchestre. Il y restera dix ans avant de prendre sa retraite et de se retirer dans son manoir de Lanloup dans les Côtes d’Armor.

Sources et protocole

L’élaboration de ce dossier se fonde sur la collection de programmes conservée à la Bibliothèque nationale de France (département Musique). Un ensemble de vingt recueils réunit l’intégralité des programmes des 223 concerts dirigés par Ropartz entre 1894 et 1914. Source. Ville de Nancy. Conservatoire national de musique. Programmes des Concerts donnés à la Salle Poirel, 1894-1914, sous la direction de M. J. Guy Ropartz, Nancy, Impr. de Crépin-Leblond, 1894-1914 [VMC-3727 (1894/95-1913/14).

Les concerts de l’orchestre sont systématiquement précédés par une annonce et suivis d’un compte rendu dans le journal L’Est républicain. Ces éléments n’ont pas été consultés pour la constitution de ce dossier à l’exception du compte rendu du concert en date du 9 décembre 1900.

Nous avons également choisi de ne pas inclure dans ce dossier les concerts de musique de chambre et d’orchestres ou chœurs invités qui sont inclus dans les recueils conservés à la BnF.

Durant les saisons 1900-1901, 1901-1902 et 1902-1903, Ropartz inscrit des cycles thématiques dans la programmation des concerts : « La symphonie française contemporaine », « Histoire de l’ouverture », « Le poème symphonique au xixe siècle », « La symphonie allemande » et « La musique russe ». Ces titres sont indiqués dans le contenu du programme à l’emplacement même où ils figurent dans le document original.

Les programmes des concerts confirment que les textes des œuvres vocales étrangères étaient traduits et chantées en français, en accord avec la pratique habituelle. En cas de doute, en particulier lorsque l’interprète n’est pas français, nous avons choisi d’indiquer le titre original de l’œuvre et d’ajouter en note la mention « Version en français ? ».

Si le programme ne nous permettait pas d’identifier un extrait avec précision, nous avons choisi de mentionner l’œuvre dans son intégralité et d’indiquer qu’il s’agissait d’un fragment.

Les notes entre guillemets sont des citations exactes de la note de programme à l’exception de  « première audition »  qui a été normalisée en « 1re aud. »

Bibliographie indicative

Francis-Paul Demillac [Enyss Djemil]J. Guy Ropartz ou la recherche d’une vocation. L’œuvre littéraire du Maître et ses résonances musicales, thèse de doctorat en littérature soutenue à l’université de Rennes, Le Mans, Imprimerie J. Vilaire, 1967, 307 p.

Christophe DragLa naissance de l’orchestre symphonique de Nancy et la création des Concerts populaires (1894-1914). Étude structurelle, musicale et financière, mémoire de maîtrise en musicologie, université de Nancy II, 1993, 317 p.

Mathieu Ferey et Benoît MenutJoseph-Guy Ropartz ou Le Pays inaccessible, Genève, éditions Papillon, coll. « Mélophiles », 2005, 168 p.

Jean-Marc Illi, Un siècle de vie musicale à Nancy. L’Orchestre symphonique et lyrique de Nancy (1882-1979), thèse de musicologie, Université de Lyon II, 1994, 602 p.

Louis Kornprobst, Joseph-Guy Ropartzétude biographique et musicale, préface du professeur Gabriel Le Bras, Strasbourg, G. Wolf et P. Rouart, 1949, 125 p.

Fernand LamyJoseph-Guy Ropartz : l’homme et l’œuvre, Paris, Durand, 1948, 109 p.

Pour citer ce dossier

Marion Blanc (dir.), « Les Concerts du conservatoire de Nancy sous la direction de Ropartz (1894-1914) », Dezède [en ligne]. dezede.org/dossiers/id/254/ (consulté le 18 mars 2019).