Le répertoire des Concerts Lamoureux réunit les 451 programmes de cette société de concerts entre la première prestation de son orchestre, le 23 octobre 1881, et le décès de son fondateur le 21 décembre 1899.

Contexte historique

Né à Bordeaux le 21 septembre 1834, Charles Lamoureux entre au Conservatoire de Paris où il obtient un premier prix en 1854. Tout en poursuivant sa carrière de violoniste de l’orchestre de l’Opéra de Paris, il forme un quatuor à cordes en 1860. En 1863, s’inscrivant dans la mouvance de Jules Pasdeloup qui a fondé en 1861 les Concerts populaires de musique classique, il transforme les prestations de sa formation en Séances populaires de musique de chambre. Entre 1873 et 1875 il organise des auditions d’oratorios du xviiie siècle avec la Société de l’Harmonie sacrée. Après le quatuor à cordes et l’oratorio, Lamoureux s’investit dans l’orchestre en créant, en 1881, la Société des nouveaux concerts rapidement connue sous le nom de Concerts Lamoureux. La société poursuit son activité jusqu’à la mort du chef d’orchestre en 1899. Entre ces deux dates, la société donne 451 concerts que dirige le fondateur, sauf pendant une saison. Lamoureux fait de son orchestre l’instrument de diffusion de la musique de Wagner en France. Des extraits des œuvres du compositeur allemand sont inscrits sur les programmes des concerts presque tous les dimanches sans exception ! Le chef d’orchestre s’affirme comme le wagnérien français le plus important. Son prosélytisme le conduit à diriger des opéras de Wagner à la scène : Lohengrin en 1887 et en 1891 ; Tristan et Isolde en 1899. Il meurt quelques jours après avoir dirigé une représentation de cet opéra.

Sources et protocole

La constitution de ce dossier a reposé sur plusieurs collections de programmes dont la complétude varie :

1/ Bibliothèque historique de la ville de Paris : le Fonds Adolphe Jullien contient la vaste collection de programmes constituée par ce musicographe ; elle intègre toute la période étudiée dans ce dossier dans trois de ses dix-huit volumes (n°6, n°9 et n°12) ;

447 événements ;

Source titrée « Fonds Adolphe Jullien, vol. 6/9/12 (Bibliothèque historique de la ville de Paris, 117320) » ;

2/ Bibliothèque nationale de France (département de la Musique) : le fonds de programmes contient des documents factices, reliés avec une couverture verte, chacun d’entre eux réunissant les programmes d’une saison, sur toute la période étudiée ; L’origine de ces documents est inconnue ;

187 événements ;

Source titrée « BnF Musique, Fonds de programmes (reliure verte) » ;

3/ Bibliothèque nationale de France (département de la Musique) : le fonds de programmes contient des cahiers sur lesquels les programmes ont été collés concert après concert et saison par saison, sans qu’il soit possible de déterminé par qui, entre 1887 et 1898 et à l’exception de la saison 1893-1894 ;

243 événements ;

Source titrée « BnF Musique, Fonds de programmes (cahiers) » ;

4/ Archives de l’Orchestre Lamoureux : les archives conservées par la société de concerts contiennent le cahier manquant au département de la Musique de la Bibliothèque nationale de France pour la saison 1893-1894 ;

27 événements ;

Source titrée « Collection de programmes (Archives de l’Orchestre Lamoureux) » ;

5/ Bibliothèque nationale de France (Bibliothèque-Musée de l’Opéra) : le fonds de programmes contient quelques programmes de concerts donnés au théâtre du Château-d’Eau ;

11 événements ;

Source titrée « Programmes : théâtre du Château-d’Eau (Bibliothèque-Musée de l’Opéra, PRO B 85) ».

La confrontation de ces programmes, pouvant être des annonces imprimées une semaine avant ou des programmes de salle préparés quelques jours avant le concert, permet de reconstituer avec une grande précision le véritable programme. Par ailleurs, les annotations manuscrites portées par Adolphe Jullien sur ses programmes offrent des éléments précieux. Sauf exception dûment signalée, les citations reportées dans les notes proviennent de cette source et sont suivies de la mention : « (Fonds Adolphe Jullien) ».

À l’occasion, le recours aux annonces et aux comptes rendus publiés dans Le Ménestrel s’est avéré utile. Publié pendant toute la durée d’activité de la société dirigée par Lamoureux, Le Ménestrel est une source précieuse que nous n’avons pas mentionnée tout en sachant que son accès libre et gratuit sur le site de la Bibliothèque nationale de France était à la portée des lecteurs de ce dossier. Les annonces des concerts avec le programme plus ou moins détaillé paraissent le jour même du concert et les comptes rendus le dimanche suivant.

Ponctuellement, il est fait référence à quelques ouvrages, à l’image des livraisons annuelles des Annales du théâtre et de la musique d’Édouard Noël et Edmond Stoullig (en grande partie disponibles sur le site de la Bibliothèque nationale de France), et à des documents d’archives ayant permis d’apporter une précision sur le programme, les interprètes, les extraits ou la langue.

Le présent corpus réunit tous les concerts des saisons 1881-1882 à 1897-1898 auxquelles s’ajoute le début de la saison 1898-1899 avant la mort du fondateur. Quelques programmes de concerts ont été écartés de la sélection : il s’agissait de programmes de concerts à bénéfice. En dehors des saisons, ces concerts voient l’orchestre louer ses services à un soliste qui assure la plus grande partie du programme. Du reste, pour ces activités lucratives, l’orchestre n’est pas forcément présenté sous son appellation de Concerts Lamoureux. En revanche, tel est bien le cas pour les concerts exceptionnels, supplémentaires ou à prix réduits qui ont été inclus dans ce corpus.

Si la qualité des programmes permet le plus souvent d’identifier les œuvres avec précision, elle est parfois insuffisante pour localiser les extraits et, plus encore, pour régler les questions de la langue et des traductions. La tradition veut certes que l’on chante en français en France, mais cette règle connaît parfois des entorses. Elles apparaissent le plus souvent lorsque les interprètes ne sont pas francophones. On citera le cas d’Amalia Materna dont les prestations sont en allemand et/ou en italien. En cas de doute, nous avons fait le choix de mentionner la version originale et d’indiquer notre interrogation dans une note (« Version en français ? »).

L’identification des traductions françaises est plus problématique et, parfois, insoluble. S’il est assez fréquent mais pas systématique que le traducteur soit mentionné pour les œuvres de Wagner, ce n’est presque jamais le cas pour tous les autres compositeurs. Lorsque plusieurs traductions existaient, nous avons aussi fait le choix de mettre la version originale et d’indiquer notre doute dans une note (« traduction française indéterminée »).

Pour les extraits symphoniques d’opéras nous avons fait le choix de mettre la version originale y compris lorsqu’ils étaient suivis d’un extrait chanté dans une version traduite. De même, sauf mention contraire, nous avons fait le choix d’indiquer les versions originales des extraits d’œuvres avec chœur donnés sans chœur, situations probablement habituelles mais difficiles à identifier.

Outre les éléments déjà mentionnés et les intitulés des concerts (« 4e concert (série B) »), les notes permettent aussi de reporter des indications intéressantes mentionnées sur les programmes : « 1re audition » ; « 1re audition à Paris » ; « solo d’alto par M. van Waefelghem », etc. Elles sont identifiables par les guillemets qui les encadrent et par l’absence de toute référence à une source. Les informations non significatives, à l’exemple des listes des mouvements des symphonies, n’ont pas été transcrites.

Plusieurs étudiants du master de Musicologie de l’université de Rouen ont contribué à la réalisation de ce dossier dans le cadre d’un cours de méthodologie pendant l’année universitaire 2015-2016. Qu’ils en soient chaleureusement remerciés.

Bibliographie indicative

Élisabeth Bernard, Le concert symphonique à Paris entre 1861 et 1914 : Pasdeloup, Colonne, Lamoureux, 4 vol. : Historique des associations ; Programmes ; Analyse des programmes ; Index des compositeurs et des interprètes, thèse de doctorat (3e cycle), Université de Paris I, 1976, 144-346-156-263 p.

Hugues Imbert, Portraits et études. Lettres inédites de Georges Bizet, Paris, Librairie Fischbacher, 1894, 213 p.

Adolphe Jullien, « Charles Lamoureux », Rivista Musicale Italiana, 7 (1900), p. 153-159.

Yannick Simon, Jules Pasdeloup et les origines du concert populaire, Lyon, Symétrie, 2011, 277 p.

Yannick Simon, « Le fonds Adolphe Jullien conservé à la Bibliothèque historique de la ville de Paris », Fontes Artis Musicae, 61/2 (April-June 2014), p. 138-151.

Yannick Simon, Lohengrin : Un tour de France, 1887-1891, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2015, 134 p.

Pour citer ce dossier

Yannick Simon (dir.), « Concerts Lamoureux (1881-1899) », Dezède [en ligne]. dezede.org/dossiers/id/215/ (consulté le 21 novembre 2017).