Le dossier intitulé « La Société philharmonique de Boulogne-sur-Mer » rassemble actuellement quatre-vingt-cinq concerts donnés principalement à la salle Siblequin de Boulogne-sur-Mer entre 1853 et 1863, puis à l’Établissement des bains de mer jusqu’en 1869. Ce corpus témoigne de l’activité musicale d’une ville de province durant le Second Empire, activité rythmée par les saisons d’hiver et d’été, à l’époque où Alexandre Guilmant (1837-1911) débutait en public comme pianiste, pianiste accompagnateur, harmoniumiste et chef de chœur. L’inauguration du nouveau Casino (autre nom de l’Établissement des bains) le 30 juin 1863 marque l’apogée de la Société philharmonique qui donnera désormais ses concerts dans le grand salon, jusqu’à sa dissolution à la fin de l’année 1869.

Historical context

Fondée le 18 mai 1826 par Dujat-Wallet, Godefroid père et Jean-Baptiste Guilmant, la Société philharmonique de Boulogne-sur-Mer fait partie des premières associations musicales amateurs de province qui réussissent, à la suite de la Société philharmonique de Paris (1822), à développer une activité stable sur plusieurs décennies. Elle entraine rapidement la création d’une École communale de musique et voit graviter autour d’elle d’autres Sociétés moins durables telles que l’Orphéon (1861) ou le Cercle Beethoven (1868).

Grâce à son statut de ville balnéaire prisée par les sociétés parisienne et anglaise, Boulogne-sur-Mer attire des artistes de renom qui se produisent lors les concerts de la Société philharmonique, notamment Charles de Bériot et Henriette Sontag (1826), Liszt (1827), Paganini (1832), Thalberg (1856 et 1862-63), Félix Godefroid (1863), entre autres.

Les archives de cette Société, dissoute le 1er décembre 1869, ont disparu. La reconstitution de ses activités se base donc essentiellement sur le dépouillement de la presse locale.

Trois chefs d’orchestre se succèdent entre 1853 et 1869 : Péret jusqu’en 1855, D. de Grau (1855-56) et Alexandre Chardard (1857-1869). En 1880, Alexandre Reichardt fonde une seconde Société philharmonique qu’il dirigera jusqu’à sa mort en 1889.

Sources and protocol

Pour les concerts de la Société philharmonique boulonnaise, le corpus s’appuie sur les annonces et comptes rendus publiés dans le quotidien local L’Impartial de Boulogne-sur-Mer, le revue La Saison ainsi que sur les échos que ces manifestations ont eus dans la presse parisienne notamment dans la Revue et gazette musicale.

Select bibliography

François Lesure, Dictionnaire musical des villes de province, Paris, Klincksieck, 1999, 367 p.

Alain Lottin (dir.), Histoire de Boulogne-sur-Mer, Lille, Presses universitaire de Lille, 1983, 456 p.

Kurt Lueders, Alexandre Guilmant (1837-1911) : organiste et compositeur, thèse de doctorat, université Paris IV-Sorbonne, 2002, 879 p.

Yves Perret-Gentil, Alain Lottin, Jean-Pierre Poussou (dir.), Les villes balnéaires d’Europe occidentale du xviiie siècle à nos jours, Paris, PUPS, 2008, 460 p.

Denis Tchorek, La transcription en France dans la seconde moitié du xixe siècle : l’exemple d’Alexandre Guilmant, thèse de doctorat, université François-Rabelais de Tours, 2012, 463 p.

Denis Tchorek, « Le Cercle Beethoven de Boulogne-sur-Mer, 1868-1871 » Revue de musicologie, 95 (2009), p. 399-425.

To cite this dossier

Denis Tchorek (ed.), «La Société philharmonique de Boulogne-sur-Mer (1853-1869)», Dezède [online]. dezede.org/dossiers/id/9/ (consult the Nov. 13, 2019).